résumé

La cuisine fait partie de l'identité d'un individu. Elle permet à la personne migrante de ne jamais quitter, du moins à table, son propre pays. Elle n'est pas seulement un besoin primaire de l'humanité, mais un magnifique vecteur de communication entre générations et pays. Ce travail veut montrer l'importance de la cuisine avec le regard (qui est le mien), d'une fille de personnes migrantes. Dans la première partie de mon travail, la cuisine me permet de raconter l'histoire de ma famille et de mon pays d'origine et me permet de parler d'identité, de loyauté. Dans la deuxième partie je présente deux histoires de personnes migrantes et j'essaye de comprendre, d'une part quel rôle a pour elles la cuisine traditionnelle et, d'autre part, si la cuisine traditionnelle a été modifiée par leur arrivée en Suisse. Pour donner quelques envies… quelques recettes apporteront un peu de couleur et d'odeurs à ce texte…

 

impanata

pâte à pizza
épinards en branche, frais !
saucisse
oignons
jambon
fromage emmenthal
pommes de terre
parmesan
huile d'olive
sel, poivre

C'est ma recette préférée, celle que ma grande mère aimait faire à ses petits-enfants. Celle que ma mère, fière, prépare à ses amis les plus chers et à nous ses enfants le plus souvent possible. Elle sait qu'elle nous fait un cadeau et qu'elle nous rendra heureux. Elle passera presque tout l'après-midi pour la préparer.

Elle lavera soigneusement les épinards pour qu'il n'y ait plus de terre. Elle les essorera avec beaucoup de force pour qu'ils gardent le moins d'eau possible.

Après elle préparera la pâte à pizza et la laissera lever une première fois, puis la travaillera très rapidement et la fera lever une deuxième fois. Ensuite elle baissera la pâte en deux, une couche servira de «couvercle».

Sur la couche inférieure elle mettra les épinards, puis les oignons, la saucisse en petits morceaux, le jambon, le fromage emmenthal, les pommes de terre, le Parmesan, sel, poivre et huile d'olive.

Elle couvrira le tout avec la deuxième couche et le mettra au four pendant 40' environ.

 

Cette recette, c'est la première que j'ai voulu apprendre, à tout prix, car je ne voulais pas me priver un jour de ce goût magnifique. Je ne voulais pas non plus que ce savoir puisse se perdre… je voulais qu'il se transmette de génération en génération, j'avais peur qu'après ma mère personne puisse être capable de refaire ce plat… J'ai voulu l'apprendre et je l'ai fait avec ma mère en la regardant travailler. C'est pour cette raison, je crois, que j'arrive difficilement à expliquer comment il faut s'y prendre. Pour réussir une bonne impanata, il faut être présent, voir quelle consistance la pâte doit avoir, voir de quelle manière la pâte doit être travaillée, en lui donnant des petits coups de poings énergiques. Je n'oublierais jamais les gestes que j'ai vu ma mère faire. Finalement c'est peut-être une excuse pour ne pas dévoiler complètement ce secret qui «appartient» à ma famille. Ma mère d'ailleurs n'a jamais voulu le faire. C'est aussi la recette qui a été transformée par l'arrivée en Suisse de ma famille. Ce pays a eu une influence sur ce plat : ma grande mère a introduit le fromage emmenthal, avant elle y mettait un fromage qu'elle trouvait en Sicile. Elle mettait l'emmenthal même sur la pizza au lieu de la mozzarella; les pommes de terre, c'est une idée de mon oncle, suisse allemand, qui a vite été appréciée par toute la famille. Depuis l'impanata doit se faire avec des pommes de terre, même s'il y a encore des personnes qui la préfèrent sans, car elles donnent un goût un peu plus doux. Finalement… quel magnifique mélange culturel…

 

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